LE MONDE | 15.05.2014 à 10h58 • Mis à jour le 15.05.2014 à 12h23 | Par Claire Guélaud

 

Croissance nulle, recul de la consommation des ménages, baisse marquée de l'investissement, contribution négative du commerce extérieur, contraction de l'activité dans le secteur de la construction : c'est une avalanche de mauvais chiffres qu'a annoncée, jeudi 15 mai, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), confirmant que la France reste à la traîne de l'Allemagne (+ 0,8 % au premier trimestre) et, dans une moindre mesure, de la zone euro.

Pour François Hollande, qui déclarait il y a peu « le redressement n'est pas terminé mais le retournement arrive », ces chiffres sont un désaveu. « Ce n'est pas grave, cela conforte toute la politique que nous menons aujourd'hui », commente Michel Sapin, ministre des finances. 2014 a mal commencé.

Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) en volume est resté stable, après avoir progressé de 0,2 % au quatrième trimestre 2013.

 

 La demande intérieure se porte mal : les dépenses de consommation des ménages ont reculé de 0,5 point. Cette baisse, qui succède à une légère augmentation (+ 0,2 %) au dernier trimestre de 2013, s'explique par des facteurs exceptionnels.

La météo, particulièrement douce, a tiré les dépenses d'énergie vers le bas, tandis que les achats d'automobiles ont subi le contrecoup de leur dynamisme de la fin 2013, les ménages ayant cherché à échapper au durcissement du malus au 1er janvier.

POUVOIR D'ACHAT SOUS PRESSION

Mais, au-delà de ces éléments exceptionnels, bien peu de choses sont de nature à pousser les ménages à consommer : leur pouvoir d'achat est sous pression (il a baissé de 0,6 point en 2013 par unité de consommation) et l'état du marché du travail demeure plus que préoccupant, entre des créations d'emploi faibles et un chômage élevé.

L'investissement recule de nouveau, mais plus qu'attendu (– 0,9 %). Entre autres éléments préoccupants, l'Insee mentionne le fait que l'investissement en construction accentue son repli (– 1,8 % au premier trimestre 2014 après – 0,7 % au quatrième trimestre 2013) et que les dépenses en biens manufacturés se retournent (– 0,4 % après + 0,4 %).

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Et, comme si cela ne suffisait pas, à la faiblesse de la demande s'ajoutent des problèmes d'offre : les exportations ont ralenti, et les importations accéléré légèrement. De ce fait, le commerce extérieur a pesé à hauteur de – 0,2 point sur l'évolution de l'activité au début de l'année.

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